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Interviews

Nicole Esterolle sur Les Hivernales de Montreuil

Nicole Esterolle est critique d’art, spécialiste de « l’anti AC » (ou « art contemporain à la mode »)

En art contemporain, on est toujours le médiocre de quelqu’un…et tant pis pour celui-ci !

L’an dernier, dans ma chronique n° 38, je vous avais vanté les mérites et  énuméré les différentes vertus du salon « les Hivernales » qui avait eu lieu au Palais des Congrès de Montreuil (métro Robespierre-Ligne 8).

Un salon de la « médiocrité populeuse et suburbaine» aux dires des très distingués criticailleurs d’art orlanesques  germano-pratins,  qui , bien évidemment, n’y avaient pas mis les pieds de peur de s’y endommager leurs précieux  orteils avec lesquels ils pensent et écrivent leurs précieux textes,  mais qui bénéficia d’un étonnant succès de fréquentation et apporta à nombre de ses visiteurs l’impression  de respirer de l’air frais et de vivre une aventure libératrice sur des sentiers non-balisés dans une forêt d’abondance et de diversité.

Toute à mon enthousiasme pour le succès de ce salon d’un nouveau type, « a-contemporain » en quelque sorte, et  d’une  singulière fraicheur, j’avais écrit ce qui suit :

« 1-Les hivernales  apportent la preuve que les notions de générosité, de solidarité, d’affabilité, de respect de la diversité , ne sont pas encore tout à fait disqualifiées  et inopérantes dans le champ de l’art, malgré les incessants procès en médiocrité,   ringardisme, démagogisme, populisme, etc.,  dont elles sont l’objet depuis des décennies de la part des spéculateurs intello-financiers.

2- A partir d’elle,  l’espoir est permis de retrouvailles avec  l’ensemble de la floraison artistique actuelle dans toute sa richesse, sa variété, sa multiplicité et sa nouveauté.

3-Car c’est avec   cette reconnaissance, pour tous les  artistes de ce temps, de tous bords, de toutes tendances, de toutes origines et de tous « niveaux », d’une égalité du droit de vivre, de créer , de parler, et d’être vus, que pourra se faire, non pas un aplatissement où « tout se vaut », comme le craignent certains trissotins,  mais au contraire  une réorganisation « démocratique » du champ de l’art, une reconstruction de vrais  critères d’évaluation esthétique , l’établissement de hiérarchies justes ( comme celles existant en politique à partir de l’égalité en droit d’expression  pour tous les citoyens), des retrouvailles avec le   public des vrais amateurs d’art aujourd’hui désorienté et dégoûté, la dynamisation des libres systèmes de diffusion de l’art…

4-C’est  sur cette  « plate forme » citoyenne élargie, prenant en compte démocratiquement l’existence  de ce vivier riche de toutes les espèces florales existantes,  que pourra se faire la  mise en place d’ instances d’évaluation et de décision,  émanant   dès lors des artistes réorganisés et solidaires ainsi que de  l’ensemble des acteurs de l’art , et non plus d’une  minuscule  élite auto proclamée née d’une consanguinité tératogène. Une caste fin de règne, qui s’est arrogé tous les pouvoirs, qui a imposé des critères délirants, qui a  installé le chaos en détruisant toutes les valeurs  patrimoniales et réduit  la presque totalité des artistes au rang de sous-citoyens méprisables sans aucun droit de regard et de parole sur ce qui les concerne.

5-Oui, c’est par cette généreuse ouverture, expérimentée par Les Hivernales, que nous nous libérerons des méfaits de cette caste invraisemblable née de cette effarante  collusion de l’institution avec le business art international, que pourront apparaître et être reconnues de nouvelles formes vraiment « contemporaines » parce qu’ancrées dans l’entière  vitalité de l’art d’aujourd’hui. »

Je pense en effet que ce dont la production artistique  française souffre aujourd’hui, ce qui l’asphyxie ou la nécrose, c’est bien cette façon méprisante et arrogante qu’ont les réseaux artistiques dominants, de traiter de médiocre, c’est-à-dire de disqualifier et d’exclure,  tout ce qui ne correspond pas à leurs critères, références, langage  et codes d’appartenance à la communauté   supérieure dont ils pensent faire partie. Une élite autoproclamée  dont l’exigence n’est pas dans la recherche d’une qualité intrinsèque et durable de l’œuvre, mais seulement  dans la conformité à ces « signes de distinction », qui ne sont rien d’autre que l’expression  de cette collusion patente entre les  divers types existant d’investissements extra-artistiques, surdéterminés sociologiquement et de nature essentiellement bureaucratique et/ou mercantiles.( les spécialistes de la lutte des classes, dont l’inénarrable Mélenchon, devraient mettre leur nez là-dedans)

Jamais un vrai artiste ne parle de la médiocrité des autres…avez-vous remarqué cela ?

Car il n’a pas besoin de se valoriser en dévaluant ses collègues qui ne sont pas des concurrents, mais des gens  avec qui il est naturellement solidaire et dont il respecte d’autant plus les différences de tendance et de « niveau », qu’elles sont pour lui source d’enrichissement et de renouvellement de ses propres pratiques. (le parrainage de Vladimir Velickovic pour cette édition 2013 est significatif à cet égard ; celui de Pat Andrea pour 2014 aussi)

Jamais un vrai amateur d’art ne criera à la médiocrité après sa visite de tel salon ou foire d’art ;  tout au plus dira-t-il, que « peu de choses lui ont plu », en s’attachant plutôt à raconter ce qu’il a découvert et aimé. Le faux amateur pense que le fait de dire « tout cela ne vaut rien » est une façon de « s’ la péter » cuistrement, de se valoriser lui-même socialement en affichant  son excellence  de crétin hautement culturé et sa capacité supérieure de jugement péremptoire (sans jamais bien sûr se poser la question de savoir ce qui surdétermine ses goûts , ses  dégoûts et son crétinisme …culturel  plus que génétique).

Et c’est comme cela qu’en France, après des décennies d’héroïque  combat institutionnel contre la médiocrité artistique (au service d’une qualité supérieure formatée à l’international duchampesque),  95% des artistes sont décrétés mauvais, inutiles  et encombrants, et c’est comme cela que de moins en moins de gens osent acheter  de la peinture de peur de se faire traiter de ringard, de non connaisseur, ou de réac… Quand, dans les autres pays les gens achètent ce qu’ils aiment, sans complexe, et sans se soucier si c’est ou non au top 50 du Ministère de la culture, de François Pinault  ou du grand marché spéculatif…Et quand, en Argentine, l’artiste Milo Locket (voir plus loin) devient héros national… Vive l’art latino américain ! avec ses Segui, Zamora, Pat Andréa, Matta, Lam ,Botero, Kahlo, Rivera…et combien de centaines d’autres  « médiocres » pour nos infatués pantins fonctionnarisés de l’art.

Et c’est comme cela, qu’en France, nous assistons, hébétés, au triomphe des Mosset, Buren, Rutault, Venet et consorts, chez lesquels la béance d’être, l’abyssale vacuité, l’inexistence ontologique,  sont portées à un tel degré de gigantesque perfection, qu’ils ne peuvent bien évidemment être l’objet de quelque reproche  d’ordre esthétique ou procès en médiocrité que ce soit… dans la mesure où le Rien, par nature, n’a, incontestablement, ni odeur, ni saveur, ni couleur et ne peut avoir de qualificatif imaginable dans l’ordre du vivant terrestre et du sens commun qu’il soit animal, végétal ou humain. Et je vous livre à ce sujet, ces lignes jamais publiées d’André Malraux que m’a transmises Jérome Serri :

« Quel pays aura éprouvé autant que le mien, écrit Malraux, le besoin de se cracher à la figure ? Tous ces films, tous ces livres, enragés à ne montrer que ceux qui n’ont jamais rien fait […]. Quel cancer pousse ce pays, qui fut quelquefois grand pour le monde, à ne vouloir élire que son néant ? »

Ces Hivernales 2013, se proposent donc, semble-t-il, comme le salon des retrouvailles avec le sens et la substance artistiques, comme le salon de toutes les réhabilitations urgentes et indispensables, dont celle de la Vie, tout simplement, face aux derniers spasmes gesticulatoires d’un système moribond sous ultime perfusion d’argent public.

On le voit sur le dossier de presse que je vous joins : ce « Forum de Montreuil » sera un lieu de rencontres, de débats et d’échanges multiples, de propositions, de reconstructions, d’innovations, et de réflexions tous azimuts pour la recherche d’une alternative à un système en fin de règne, nécrosé de l’intérieur, purulent en surface, bouffé par les asticots fonctionnarisés ou bien par les rats boursicoteurs  et historiquement condamné pour inhumanité, indigence et ineptie  foncières.

Aussi les enjeux de ce Forum dépasseront-ils la vente des œuvres et la découverte de nouveaux artistes, même si ces deux objectifs y conserveront une importance centrale et structurante.

Citons parmi ces importants sujets de réflexion et enjeux :

1-    la MDA : Comment  sauver la Maison Des Artistes, cette association d’artistes, forte de ses 20000 adhérents, menacée de ne plus avoir la cotutelle de la Sécu artistes, et donc de ne plus pouvoir jouer son rôle de garant des droits et de facteur de solidarité pour les artistes ? Oui, je pense que la MDA reste pour les artistes la seule voie d’accès pour se doter une organisation juste, démocratique et solidaire… et pour s’extraire de l’actuel système du chacun pour soi, ubuesque, clanique, stalinien, féodal, somalien, burénien, communautariste…d’un autre âge. Artistes, arrêtez de jouer solo, et de faire ainsi le jeu des Ben Ali de l’art…Et puis c’est un peu fort de se faire traiter de fachos par les agents mêmes du totalitarisme artistique français…Non ? ne trouvez-vous pas chers collègues ?

2-    Les galeries : Comment mettre en place une autre organisation des galeries d’art , plus ouverte, plus prospective, plus généreuse, au lieu de l’actuel « Comité des Galeries d’art», vieillot, quasi-Alzheimer, de plus en plus peau de chagrin, et complétement obsédé par les références du  grand marché.

3-    La critique d’art : Concevoir une organisation de la critique d’art plus libre, plus proche des artistes, plus conforme à l’idée qu’en avaient les créateurs de L’AICA, cette association qui n’est plus aujourd’hui qu’un pantin désarticulé au service de la bureaucratie institutionnelle et des grands réseaux d’intérêts financiers qui la noyautent.

4-    La sociologie de l’art : Comment introduire cette discipline dans les écoles d’art au même titre que l’histoire de l’art ? Comment inciter les sociologues à prendre à bras le corps ce sujet délaissé (voire interdit, comme sous l’ère soviétique), à ne plus en avoir peur ?

5-    Les médias : Comment, devant l’omerta généralisée, devant le mutisme et la langue de bois des grands médias spécialisés ou non, ainsi complices du cynisme ambiant, ré-ouvrir les portes et les fenêtres à la parole déliée, à l’information, à l’investigation, à l’analyse, à la réflexion ? Comment pour cela utiliser au mieux internet et la blogosphère ? Et surtout comment reparler d’art vraiment, le montrer à nouveau et autrement que par ses obscènes excès médiatiques ?

Oui, ce Forum de Montreuil, a quelques chances d’être passionnant et historiquement important, et mérite que chacun fasse en sorte d’y être présent, que l’on soit artiste, galeriste, journaliste, chroniqueur d’art, amateur d’art, enseignant, étudiant… pour participer à cette nécessaire reconstruction ou ré-actualisation de valeurs qui vont bien au-delà de celles de l’art… mais qui sont celles de l’exacte contemporanéité de chacun, avec soi et avec les autres.

Interview Pétra Wauters : Laure Poyet, entre peinture et spiritualité

28 janvier 2014 par Pétra Wauters pour Artpresta

Laure Poyet, entre peinture et spiritualité

Immédiatement dans sa peinture, on retrouve la même énergie, le même mouvement qui semble l’entrainer dans le tourbillon de sa vie. Laure Poyet gère !

De la joie, de la gaité, du dynamisme. Même dans ses tableaux les plus sages aux dominantes de gris, nuance souvent associée à la solitude, l’agitation est présente. Des reliefs, de la matière, des projections. Laure Poyet passe à l’action et lâche prise pour mieux vivre ses rêves. C’est clair, c’est une femme libre. C’était déjà le cas, professionnellement, lorsqu’elle était psy, ou travaillait dans les relations humaines. Alors parlez lui d’art, il ne pouvait en être autrement. Elle a bien essayé de se laisser guider, mais son côté rebelle l’a confortée dans son désir de mener sa barque et évoluer de façon indépendante dans ses compositions abstraites. Elle vagabonde d’une palette à l’autre. Ose les mélanges de matières et des couleurs parfois surprenantes, garde la liberté de ses choix. Pour la blonde insoumise, sus aux diktats académiques qui disent qu’il faut apprendre, pour ensuite désapprendre ! On sait que l’art abstrait nait ainsi… le plus souvent. Mais Laure Poyet de reprendre sa phrase favorite « L’art ne se pense pas, Il se fait ».

Mais on peut aussi en parler !

Comment êtes vous devenue artiste peintre ?

Fin 2008, sur un salon « zen », je rencontre Olivier Wahl, philosophe et peintre, conférencier et formateur, qui me donne l’envie « d’aller voir » son cours, rue Saint Maur à Paris. Il me dédicace son dernier livre sur le processus de création. Immédiatement, le mardi 10 février 2009 vers 9h30, en me retrouvant dans ce petit atelier collectif sur cour, j’ai su que quelque chose de fondamental se passait (et Olivier, aussi, même s’il a la pudeur de ne pas évaluer une situation de peinture). Des centaines de couleurs sont là, à me tendre les bras, des pinceaux, des couteaux, des rouleaux, du papier. Rien n’est imposé : Olivier laisse ses « élèves » seuls 2h à 2h30. Puis revient. Nous exposons par terre nos créations et échangeons sur ce que nous avons ressenti pendant et ce que nous ressentons après. Il a l’idée fondamentale que toute création peut être montrée, sans complexe. Et que toute personne peut avoir la « prétention » de créer une œuvre.

Vous parlez d’un art organique. Dans les effets que vous obtenez, dans les matériaux que vous utilisez ?

Oui et non. L’expression « L’Art Organique » peut s’appliquer à la littérature notamment. C’est un art sans concession, sans projet vénal, qui ne met pas en pratique un académisme obligé et désobligeant, qui n’est pas contraint par une vision extérieure à soi, de l’Art. La devise « L’Art ne se pense pas ; Il se fait » complète ce courant.

Quelles sont vos inspirations ?

Les tubes de couleurs, leurs formes, leur consistance, la peinture en tant que matière « organique » elle-même, les milliers de tableaux rencontrés depuis mon enfance dans de nombreux musées du monde. Sinon, les gens en général.

Comment s’organise votre peinture entre polychromie, et monochromie ?

Je choisis d’abord la matière du support : lin, coton, un mixte des 2, béton, bois, papier épais. Ces supports organisent visuellement mon espace, délimitent des couleurs. Puis viennent les tubes et pots de couleurs. C’est en les regardant que je sais si une couleur va vibrer avec une autre. Il n’y a pas de règle, c’est l’inconscient qui parle en direct. J’aime travailler la polychromie, on me dit « coloriste » mais des concours m’ont forcée à travailler la monochromie. Le résultat a été très « puissant ». Je reste émue devant certaines de mes toiles. Sans fausse modestie. Dans votre bio, on lit qu’il existe des liens visuels entre Pollock et vous. On pourrait aussi bien évoquer un De Kooning pour ce côté, foisonnement. Est-ce une filiation que vous revendiquez ?

Dès certaines premières toiles, mon public y a vu une (ré)incarnation de Pollock. Incroyable.

J’ai vérifié cela en me déplaçant dans certains musées à l’étranger. Je revendique donc cette filiation avec Jackson Pollock, davantage que celle avec De Kooning. On apparente aussi certains de mes travaux, à ceux de l’américaine Joan Mitchell.

Cratère au Carré - Acrylique sur Toile - Chassis XL - 120x120 - 2013

Cratère au Carré – Acrylique sur Toile – Chassis XL – 120×120 – 2013

Est-ce que « peinture expressionniste abstraite » pourrait aussi bien convenir ?

Pourquoi pas. Dans certaines de mes œuvres, on sent davantage l’expressionnisme que de l’abstrait « plat ». J’aime par contre, les œuvres abstraites de Nicolas de Staël. Et d’une façon générale, l’abstrait venant de Chine (enfin, les originaux).

Quels sont les premiers axes dans vos tableaux ? Est ce que vous étudiez une composition ?

Il n’y a aucune composition sauf pour certaines œuvres orientées « Judaica » que je signe sous le nom d’Ellye. Je dirai plutôt une peinture qui me guide au-delà de mon esprit et de mon corps. Je fais plutôt corps avec ma peinture. C’est presque une peinture « automatique » comme l’écriture du même nom (sans entrer dans la polémique). Quand je peins, JE ne suis pas là …

Dans vos différents « métiers » de la psycho, en passant par les relations humaines, le conseil en insertion, vous êtes tournée vers les autres. C’est une vocation ?

Oui, dès l’âge de 16 ans (du côté de mon père, toute une filiation d’enseignants aussi…) Ce sont les autres qui me nourrissent et par déduction, ce sont eux qui nourrissent ma peinture. Ce sont leur chair. Comme disait mon déclencheur de talent, Olivier Wahl, « Laure, peut-être pourrais-tu éventuellement essayer d’entrer en contact avec les autres ? » (sous-entendu grâce à ma peinture). Ce qui souligne bien la relation entre mon incapacité à entrer en fusion avec l’Autre et ma peinture. Par ces métiers du relationnel, c’est comme si je m’acharnais en vain à éviter la séparation anaclitique (se situe chez le nourrisson, entre le 6ème et le 12ème mois, lorsqu’il se sépare symboliquement de sa mère, au moment du stade du miroir).

Vous êtes aujourd’hui Art manager : vous, et toujours les autres, on y revient.

C’est un bien grand mot. Toutefois, ma progression naturelle à révéler chez les autres, le meilleur d’eux-mêmes a fait en sorte qu’un certain nombre d’artistes viennent spontanément vers moi comme une sorte de « référent ». Ce sont les autres qui créent ce statut d’Art Manager, au fil de nos rencontres.

Fatigue Urbaine II - Acrylique sur Toile - 130x89cm - 2011

Fatigue Urbaine II – Acrylique sur Toile – 130x89cm – 2011

Vous qui préfériez les « anti-cours » où rien n’est imposé, vous animez à votre tour des ateliers.

Je fais des essais ! Autant, je trouve que l’acte libre de peindre est essentiel, autant certaines personnes aiment à être dirigées. Sinon, je vais continuer à transmettre ma peinture en créant devant les autres, notamment devant des élèves d’écoles d’art. Concernant Olivier Wahl, il avait une certaine pudeur à peindre devant nous. Il peignait seul pour ne pas nous influencer.

Vous êtes aussi modèle, à vos heures perdues, dites-vous. Vous le considérez aussi comme un métier ?

Pour la petite histoire, avant de me lancer dans les études de psychologie, je voulais être comédienne et mannequin. Mes parents, très traditionalistes, m’en ont vite dissuadée. Ce n’est pour autant qu’ils m’ont financée mes études ! J’ai du travailler en parallèle : enseigner, éduquer, vendre et poser comme modèle. Puis plus rien dans ce domaine… trop de complexes ! C’est avec le temps que j’ai repris cet « amusement » en posant pour des amis photographes ou sculpteurs, peintres et surtout dans la peau d’une femme épanouie, mûre et sûre d’elle. Je veux montrer aussi qu’on peut avoir une belle plastique après 40-50 ans sans chirurgie esthétique avec des canons de beauté différents de certains diktats ! Je suis une féministe engagée.

Est-ce que l’on peut dire que vous êtes une touche à tout ?

Oui et non. Si je m’écoutais, je ferais 15 métiers et activités différents. Mais 2 axes principaux dirigent ma vie : la peinture et la spiritualité.

Quels sont vos projets pour 2014 ?

Créer des liens durables entre les mondes de l’Art et de l’Entreprise, ce dernier étant en souffrance perpétuel face aux changements quotidiens (je suis en train de monter des formations et conférences). Faire en sorte que les professionnels de l’art se décloisonnent ; pour l’instant, chacun campe dans sa position qu’il croit être la plus juste. Explorer les voies pour toucher les « vraies » galeristes et les mécènes pour un travail de qualité, dans la durée. Monter un atelier à Paris avec des étudiants et passionnés du monde entier (et mes amis artistes qui voudront bien participer) pour développer le courant artistique que je suis en train d’initier.

Exposer en Israël … Je suis déjà représentée par la FICJ (Fédération Internationale des Communautés Juives). Continuer un projet international qui passe notamment par Hong Kong !

Des Artistes Peintres parlent…

« Fantastique parcours, Laure, épatante….
Ta peinture possède beaucoup de vie comme toi par ailleurs et des volumes à l’arrache!!!
A bientôt » –Clara Crespin, Artiste Peintre

« Si la meilleure peinture américaine des années 1950/60 ( et ses Expressionnistes – Pollock en tête ) avait enfanté d’autres peintres, Laure Poyet pourrait être l’un d’entre eux… Depuis 2009, Laure réalise en effet une belle synthèse couleurs-gestes dans des toiles où l’énergie n’a d’égale que la force. Dans une époque où il n’est donné que peu de place – de crédit ? – aux peintres abstraits, il est heureux que des artistes comme Laure existent en exposant régulièrement. Ne serait-ce qu’au simple et suffisant motif de la nécessaire diversité en Peinture, que certains cuistres chagrins considèrent comme morte depuis Duchamp… Il se pourrait en effet qu’il soit intéressant de s’arrêter quelques minutes – le temps d’un regard attentif – sur ce travail jeune, rafraîchissant, plein de fougue, qui entame sa montée vers les étoiles dans un monde où peu les regardent encore dans le ciel et encore moins – hélas ! – accrochées à des cimaises » –Philippe Croq, Artiste Peintre

« Chacune de ces toile raconte une histoire dont la puissance d expression interpelle l’esprit.

J’aime cette peinture haute en couleur, rythmée et dynamique dans laquelle je peux à la fois m’y perdre et me ressourcer.

Merci » –Brigitte Jérusalme, Artiste Peintre

Interview MyRankArt

24 février 2015

1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs?

Autodidacte en tant qu’artiste peintre, je suis passée par un Doctorat en Psychologie Clinique et un MBA en Management des Ressources Humaines avant d’arriver à l’Art que j’ai vécu comme une révélation spirituelle.

Ma vie s’est transformée et mon destin s’est tracé.

2. Pratiquez-vous la peinture pour votre loisir ou en tant que professionnel?

C’est une question à la fois simple et compliquée, au cœur de l’activité quotidienne du peintre, de l’artiste que je suis.

Oui, j’ai la prétention d’être une « professionnelle ».

Moi qui accompagne comme coach, des artistes plasticiens, répondre à cette question serait possible par une autre question :

Qui peut y répondre et sous quels critères? (sous-entendu, « Comment définir l’artiste ? »)

Débat essentie l: peint-on pour de l’argent ?

Cette activité de peintre, de peindre peut-elle être définie (uniquement) par le fait de vouloir la transformer en métier ?

3. Quel a été le parcours professionnel et/ou artistique qui vous a forgé en tant qu’artiste?

Dès ma révélation en février 2009, j’ai été choisie pour faire une exposition personnelle par un galeriste proche de Paris qui travaille pour Sotheby’s.

Je est sélectionnée pour ma première grande exposition par la Société des Artistes Français du Grand Palais à Paris en 2010 pour le salon « Art en Capital ».

Je suis également Lauréate du concours « Junk or Genius » créé aux Etats-Unis en 2012.

La même année, Christian Sorriano, délégué par le Ministère de la Culture de 1992 à 1995 pour répertorier les artistes contemporains, me propose une cotation officielle internationale et de faire partie de la publication GUID’ARTS (existant depuis 1996), dictionnaire des artistes cotés du XVème siècle à nos jours.

Je reçois une récompense Académique en 2013 par la Société Académique ARTS SCIENCES LETTRES (reconnue dans le monde des arts, des sciences et des lettres depuis 1915).

En 2014, le célèbre critique d’art italien Salvatore Russo me choisit pour représenter les héritiers de Jackson Pollock, que j’aurais réincarné (magazine et émission TV Effetto Arte).

Grâce à Artec Art Mondial, à d’autres mécènes et à ma candidature à des concours internationaux, je continue d’exposer à travers le monde (Etats-Unis, Italie, Suisse, Belgique, Allemagne, Israël, Angleterre, Corée, Russie, Chine et Japon, Espagne et Portugal,…) et à monter un courant artistique nommé « L’Art Organique ».

En parallèle, je cherche des talents à travers le monde et les accompagne comme Artmanager dans leur chemin.

4. Pourquoi avoir choisi la peinture comme mode d’expression plutôt qu’un autre? Quel a été le déclic?

Voir plus haut

5. Comment définiriez-vous votre travail artistique? Que dites-vous de vos œuvres à quelqu’un qui n’a jamais vu une de vos œuvres?

« N’écoute que ton cœur et ton âme, jamais les critiques d’art ! » rires

6. Pourquoi ces choix de sujet, de technique, de style?

AUCUN CHOIX

« CREATION INSTINCTIVE, AUTOMATIQUE, BRUTE ! »

7. Qu’est ce qui, de façon générale influence votre peinture (peintre, cinéma, musique, auteur…)

Les couleurs, les 5 éléments naturels, les gens surtout !

8. Avec quel peintre d’hier auriez-vous aimez vous entretenir? Et pourquoi?

THE Jackson Pollock, why not ?

9. Et parmi vos contemporains?

Je le fais tous les jours !

10. Selon vous, à partir de quel moment un peintre, un photographe, un musicien… devient un artiste?

Quand l’art devient une nécessité vitale, quand il est la première chose à laquelle on pense le matin en se levant et la dernière chose à laquelle on pense en se couchant, quand toute sa vie, toute son énergie s’articule autour de l’Art.

11. Quelle est l’exposition d’un autre artiste qui vous a le plus marqué?

Nicolas de Staël à Beaubourg de mars à juin 2003

12. Quel est votre plus fort souvenir d’exposition personnelle et pourquoi?

Voir plus haut

13. Artistiquement parlant, y a-t’il un rêve que vous n’avez pas encore réalisé?

Créer une sorte de lieu ouvert aux artistes de tous les pays à la « Bauhaus » du 3ème millénaire

14. Quelle est votre actualité artistique ? Quels sont vos projets artistiques ?

Mégalo à fond : investir le monde entier !!! rires

15. Pour se faire une idée de votre personnage de façon plus général, j’aime bien soumettre à nos artistes invités les questions un peu naïves du thème de l’île déserte…

-Sur une île déserte vous emportez…

         *Quel film?

         *Quel livre?

         *Quelle musique?

         *Quel objet?

         *Lequel de vos tableaux?

RIEN DE TOUT CA : j’emporte MON FILS JASON… l’homme de ma vie !

16. Quel voyage aimeriez-vous encore faire?

Mon voyage intérieur quotidien me suffit

17. Quelles étaient vos ambitions d’enfant pour votre vie d’adulte?

Devenir intelligente et belle, une femme rebelle !

Ce que je suis devenue aujourd’hui, sans prétention aucune.

Bien dans ma peau (d’artiste).

(en réaction à une enfance douloureuse ; donc l’après, ne pouvait qu’être meilleur !)

« J’ai la sensation de ne faire qu’un avec mon Art »

9 novembre 2013 par Max McFlurry – source

Laure Poyet est incontournable à présent dans le monde artistique. Très jeune, elle commence la danse, le piano, puis après son expérience dans le monde du travail en tant que psychologue ou par la suite son passage aux Beaux-arts à Paris, elle revient en 2009 pour exposer ses œuvres picturales. Modeste, la beauté de ses œuvres parlent pour elle à travers le monde, de Tokyo à New York. Aujourd’hui en 2013, son œuvre est là et ne cesse de surprendre.

1/Pourquoi la peinture en particulier?

Parce que j’ai l’impression dans la peinture de m’exprimer pleinement, il n’y a pas de projet préétabli, j’ai l’impression d’être dans un autre monde. J’ai la sensation d’être DANS ma peinture. Mon art n’a pas de limites, ce n’est qu’après que les gens en déduisent la perspective.

2/Quels peintres vous ont le plus inspirée?

Alors c’est marrant, mais je n’ai pas d’inspiration de départ, mais j’ai beaucoup visité de musées et toutes ces peintures m’ont énormément inspirée. J’ai remarqué qu’un jour une de mes peintures ressemblait à la peinture de Pollock.

3/En tant qu’artiste, votre plus beau souvenir?

Alors je pense que mon plus grand souvenir, c’était en 2009 lors des premières expositions qui ont été grandioses. Les premières fois marquent toujours l’esprit. C’est un autre univers.

4/Vous évoquez la notion d’art organique sur votre site, qu’est-ce que c’est?

C’est quelque chose que j’ai imaginé, je pense que c’est un art non conventionnel, sans cadre, qui vient de moi, d’où la vient la notion d’organe. J’ai découvert que « l’art organique » avait déjà été pratiqué, il y a plusieurs siècles, j’ai été étonnée et agréablement surprise.

5/En quoi consiste le projet Art manager?

Ce projet consiste à coacher des artistes au sein d’ateliers pour les aider et pour les familiariser avec le monde de l’art, des expositions, et aider également les managers artistiques pour leurs expositions.

6/Quels projets voudriez-vous faire aboutir pour la suite ? Votre actualité pour 2014.

Je voudrais par la suite faire un atelier, où je pourrais former de jeunes artistes. Suivre mes toiles à l’étranger, pour savoir ce qu’elles deviennent et leurs répercussions, tout en continuant à en créer de nouvelles.

7/Que ressentez-vous lorsque vous vous adonnez à votre art dans votre atelier?

J’ai la sensation de ne faire qu’un avec mon art. J’ai l’impression de ne faire qu’un avec ma peinture et les couleurs.

8/Un jour, on a posé à Picasso cette question, en combien de temps faites-vous une peinture?

*Rire*, à vrai dire, le temps de réalisation de mes toiles peut prendre de 10 minutes à 10 mois.

9/Quel retour ont vos œuvres à l’international?

Et bien j’ai remarqué que dans les pays anglo-saxons, les amateurs ou professionnels de l’Art trouvent que je fais des peintures « violentes » notamment dans la réalisation. Alors qu’en revanche, en Chine, ma peinture est plus considérée comme une peinture « tranquille », « sereine » et « apaisante ».

10/Une dernière question, que l’on pose à des artistes avec de l’expérience, quels conseils pourriez-vous donner à de jeunes peintres qui débutent?

Et bien, je leur dirais de continuer quoi qu’il arrive, quoi que ce que les gens peuvent dire sur ce qu’est le « vrai artiste ». Tout le monde peut réussir. Je leur conseille de s’éclater un maximum. Au niveau technique, de ne pas s’interdire des couleurs qui n’iraient pas « ensemble » ou des matières de toutes sortes. Et si l’Art ne suffit pas à assurer des revenus, qu’ils fassent au moins un métier en lien direct, davantage manuel.

Propos recueillis par Max McFlurry.

 

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